Escalade au Verdon, pâques 2015

Verdon 2015

Le retours des « deux Patricks » au Verdon :

Longueur 2

Même si je n’y vais pas autant que mes rêves nocturnes m’y transportent, j’ai la chance de retourner régulièrement au Verdon environ tous les deux ans, que cela soit pour un stage grande voie ou pour m’entraîner et me faire plaisir.

Mais cette fois était particulière.

Particulière de part mon compagnon de cordée et du fait que nous arrosions nos dix ans au Verdon. 11 exactement, mais monsieur à préféré avoir un petit futur grimpeur/skieur géantiste/basejumpeur/pilote WTCC/plongeur (Enzo, avec un tel prénom… 🙂 ) l’année dernière; bref, aucun sens des priorités… 🙂 .

Historique :

Nous avions donc découvert le Verdon il y a 11 ans, avec comme objectif de finaliser notre liste de voies pour le B.E.

Nous avions enchaîné durant 6 jours des voies de 200m et plus, en 6c/7a moyen, avec tout ce que ça engendre comme fatigue, souffrance (des pieds et des doigts qui saignent), de malbouffe, de camping sauvage, mais surtout de souvenirs inoubliables.

Ces grandes voies n’étaient pas l’aboutissement, mais au contraire le début d’un grand tout empli de passion.

Comme nous avions commencé à grimper ensemble, à un an près, que nous nous sommes entraîné, tiré la bourre sur les pans,  en falaise et en compet’ pendant plus de quinze ans, avec tous les à-côtés. Sans compter les mini-solos urbains et autres conn…es, accompagnés des divers boulots en ouverture (personne ne peut oublier le championnat de France FFSU 2009).

Autant dire que nous nous connaissons par coeur et que notre vision décalée et humoristique allait être notre quotidien 🙂

Ce qui a changer depuis dix ans :

  • Longueur 9la nevada break mangeuse de 911 et outils à sensation grâce à ses galeries de toit… a été remplacée par une C5 break,
  • le saucisson a été remplacé par … le ciflard :),
  • le grignottage à été remplacé par des plats équilibrés (fromage, côte du Rhône, sauc, que du bon…),
  • notre camping au plus proche de notre idole (hélas décédé aujourd’hui, mais éternel dans nos pensées) est resté le même,
  • Nos cheveux ont subit une légère calvitie, surtout pour lui d’ailleurs 🙂  🙂 ,
  • nos niveaux font le yo-yo au gré des diverses périodes de boulot et de blessures,
  • nos blablabla continues ponctués de différents accents ont été remplacés par … alors là, impossible que ça change !!

Berf, la nevada est le plus gros changement.

Le séjour :

Longueur 1

Ayant des obligations familiales, mon Tom arrive à se libérer quatre jours.

Vu que le gros n’a pas fait de grande voie et a très peu remis les pieds sur le caillou depuis nos épopées, l’objectif est de se faire plaisir.

Connaissant l’esprit performeur du bonhomme, j’arrive la fleur au fusil avec une liste de voies plus ou moins sympatiques (saga verdon, les marches du temps, série limité, babouchemole, pichenibule, l’ange en décomposition, wild is love) en me disant : s’il a grimpé un peu, je le connais il est capable de faire 7b bloc et de tirer au clou.

Bon j’avais un peu craqué 🙂 Mais son naturel prend le dessus et nous voila parti pour une voie d’ampleur et historique : Pichenibule.

Pichenibule :

Le bombé final vu du haut
Le bombé final vu du haut

Ouverte en 1976, Pichenibule c’est 280 mètres de haut, 350m d’escalade, difficulté ED, 12 relais,  dont deux que l’on peux shunter et surtout une belle ambiance gazeuse sur les trois dernières longueurs dont le fameux « bombé de Pichenibule » final en 7b+.

Historiquement, cette voie à vu les plus grands y user leurs chaussons et c’est à patrick BERAULT que l’on doit le premier enchaînement en libre de toutes les longueurs (dont le 7b+ clé) en 1980. Pour rappel, cette cotation représentait à l’époque « les limites des possibilités humaines ».

Après une nuit dans la C5 break à suspensions active qui remet l’assiette à plat (royal), nous voila parti « traiiiinquil » avé l’accent pour tirer nos rappels.

Comme c’est les vacances, nous mettons un  🙂 certain temps pour faire nos cinq rappel (il est 12h 16); « traiiiinquil » on a dit. Nous nous apercevons que malgré l’heure tardive, il y a encore du monde dans la première longueur. Comme d’habitude, on joue à cache cache, façon sanglier, dans les buis pour trouver l’attaque de la voie.

Et c’est parti pour une grande traversée avec un rocher gris jaune sur le début se muant progressivement en dalle compacte à gouttes d’eau et trous divers.

Mon Tom reprend confiance, fait une belle longueur en tête et craque un peu due au manque d’habitude. Logique, mais il s’en sort très bien et me suis tranquilou. Le caillou est toujours aussi beau et même si les cotations sont cool, c’est à l’ancienne et il faut grimper.

Nous rejoignons la cordée précédente qui nous propose de passer devant. Allé hop, direction le bombé !!

Le 6c+ et top, mais sacrément dur et comme à toute reprise au Verdon, je me fait dresser 🙂 Bref tirage de clou pour ne pas traîner.

Un petit 5c gravit, nous voila au fameux bombé; et c’est dur, vraiment dur. Mon Tom est usé et j’enchaîne en tirant sur les gollots pour ne pas trop traîner. Faudra revenir pour enchaîner tout ça.

La dernière longueur :

Le dernier 5b est comme toutes ces fins de voie au Verdonggggggg, magique.

L’ambiance de fin de journée est idéale : un léger vent chaud qui remonte le long de la falaise avec toutes ses odeurs de thym et de romarin, les vautours qui jouent avec, en tournant autours de nous, une lumière qui créer des effets d’ombre sur ce rocher gris, la satisfaction d’arriver en haut et le poto d’enfance qui tient la corde en bas. Et ce calme, qui vous apaiserai n’importe quel hooligan. Plus de paparazzi qui vous dise que ça doit faire peur, que si c’était eux, ils n’irais pas.

Bref, un « perfect moment » comme on dis chez nous 🙂

Rien de mieux pour finir cette journée qu’un bon picon (le picon, c’est la tradition) chez Lou Cafeti 🙂

Place aux photos !

Pichenibule

Une pensée à notre mystérieux et insatiable Philippe (première promotion de B.E) croisé maintes et maintes fois sur le séjours avec qui nous avons passé de bons moments.

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